Avec mes 50 balais et ma formation d’ingénieur, j’ai passé 18 ans dans cette industrie française, et ce, dans des régions fortement industrielles comme le Nord de la France. En 1992, chez Bonduelle, Mc Cain ou Total, on regorgeait de projets mais on n’embauchait déjà plus (beaucoup). Je suis rentrée chez Nestlé en 1993 aux forceps alors que j’étais déjà bardée de stages et de diplômes. J’étais une exception à prendre le chemin de l’usine alors que mes copains de promo optaient pour la banque, l’audit où reprenaient l’affaire de papa (et jamais de Maman biensur...mais c’est une autre histoire. Quoique).


La « belle » époque ?

Dans l’industrie française que certains magnifient, l’intérim et la sous-traitance battaient leur plein de CDD déjà en 1990, la précarité de l’emploi était déjà colossale chez les ouvriers. Puis chez les employés. Puis chez les cadres. C’est venu vite. Sans compter qu’en école d’ingé agri, en 92, on nous vantait le round-up et l’agriculture intensive, on apprenait par coeur des ratios de production végétale, on vantait les vaches-hublot et les porcs hors-sol. Dans l’industrie, c’était du pareil au même : on polluait l’air, l’eau et les cerveaux de la même façon, sous les yeux bienveillants des inspecteurs de la DRIRE, bons soldats du tout-dégueu. On s’est employé à défoncer la planète de notre morgue, et certains continuent encore.


Comment osent-ils ne pas changer ?

Puis les projets se sont arrêtés, les usines se sont délocalisées, les unités de production se sont démantelées et on nous proposait de nous barrer vivre au Nigeria, à Moscou, et même à Abu Dhabi pour des salaires obscènes. La coquetterie, c’était de vouloir rester habiter en France. Et oui, l’«assistanat » que mes potos radicaux de droite décrivent comme l’appendicite de notre pays (encore) (un peu) socialiste était le soutien de beaucoup de mes collègues pour tenter de rester dans leur pays, après s’être fait lourder par les mastodontes pour lesquels ils avaient bossé souvent pendant plusieurs dizaines d’années.


Tu nous fais marrer, avec « ton » facebook !

En 2008, l’industrie française, celle de mes débuts, avait viré en Inde, en Afrique et en russie, voire partout ailleurs qu’en Europe. Perso j’avais vu le truc venir et je me suis jetée sur les facebook et autres LinkedIn à leur arrivée en France en 2006. Comme un poumon d’O2. Ca n’était pas que par opportunisme d’ailleurs, mais aussi inspiré par mon goût inné pour la tech. À mes débuts j’avais aimé l’usine et le process, à 40 ans je me jetais sur l’IT. À l’époque (il y a près de 15 ans), on n’était pas nombreux parmi mes potes à opter pour ces métiers et beaucoup me riaient au nez avec « mon » facebook. C’était en 2008 - 2009.


Ils dirigent le monde avec leurs coups de gueule.

Le problème n’est pas l’assistanat d’un état social-soucieux (il est la conséquence) mais bien la formation et/ou la résistance au changement, car mes potes quadras ou quinquas de l’époque étaient souvent des mecs, pensaient savoir, regardaient, dépités, leur nana se barrer de la maison pour un autre mec après n’avoir jamais organisé le moindre we off pour elle, et redoublaient d’égo maladif au boulot en se cramponnant à leurs méthodes de merde, leurs classiques de merde, leurs possessions de merde, leurs standards de merde. Au boulot, c’est devenu la foire d’empoigne, comme disait ma grand-mère provençale. Les mecs dirigeaient tout avec leurs coups de gueule. C’est comme ça que le fossé s’est creusé : pas d’IT pour eux, pas de web (ou très peu), à peine un iphone en 2009-2010 et souvent pour…téléphoner ! Le train High Tech, c’est eux qui ne l’ont pas pris à temps. Et aujourd’hui, ça rame de ouf, comme diraient mes flops de 24, 22 et 20 ans.


Alors on fait comment, là ?

On tente la formation, pour les aider à passer du réel au virtuel, en ajoutant la touche qui va bien de croissance de C.A sans laquelle ils ne prêteraient même pas l’oreille. J’en ai même fait une méthode de prospection, et un organisme de formation. Et ? Et rien…ou très peu. Une entreprise sur 5 prend le virage, même après la formation. Et même pour la formation, les OPC0 chipotent. Pole Emploi chipote. Tout le monde fait du sur-place et des hordes d’entreprises vont disparaitre dans les années qui viennent. Le tournant, personne ne l’a pris ou presque. A peine une mauvaise page facebook qui plafonne à 1000 fans et ne « rapporte rien » (évidemment, elle ne diffuse que des offres de services dont tout le monde se tape et est animée par un stagiaire qui s’en balec). De temps en temps, un profil linkedin créé par erreur vite confié à la secrétaire. Et, le comble, un site vitrine à peine référencé sur Google qui ne rapporte rien non plus, des équipes commerciales qui supportent encore de cold call et du porte à porte avec courage et souvent obstination lorgnant toujours (indeed) chez le voisin pour voir si la part variable n’est pas plus verte à côté. Ca turnover. Ca ne reste pas. Ca n’y croit pas. Ca n’y croit plus.


Tu comprends j’en reçois trop, je les lis pas.

Sans compter que la solution la moins chère et la plus easy de trouver des clients, l’e-mailing, les dirigeants que je côtoie ont aussi une idée sur la question. Ben voyons…


« Nous, on n’envoie pas d’emailings à nos prospects », parce-que « tu comprends j’en reçois trop, je les lis pas ». Ah ouai ? Même pas quand tu scrolles ton tel des heures durant en attendant le TGV qui a encore 10 minutes de retard ? Même quand tu vas fumer ta clope au bas de l’immeuble, l'air renfrogné, engoncé dans ton costard près-du-corps pour faire djeuns, au lieu de parler à ta voisine qui est peut être le coup du siècle et surtout l'amour de ta life ? Bien sur que oui, ça marche encore à donf, les e-mailings. Mais toi, tu sais mieux que quiconque…pas vrai ? T’as aucune idée de comment synchroniser tes contacts de ton samsung avec ton PC, mais tu touches comme un pro en social selling et en web marketing au point de me donner des conseils, à moi ? Parce-que tu conduis un Q7 voire une tesla, que tu viens juste de pécho une jeune meuf de l’âge de ta fille, tu t’imagines que tu sais tout mieux que tout le monde ?

La gentrification

Et si c’était ça, le problème ? La jeune meuf, la bagnole, l’iphone 10, le ski, la bateau : si c’était la gentrification qui poussait à ne pas changer d’un iota, l’avidité à se prendre la bagnole neuve la plus équipée et la moins chère - comme dit un copain, « assemblée en France mais made ailleurs », consommer du pas cher, consommer toujours plus, rouler plus, laver plus, boire plus, manger plus, avoir le frigo plein de yaourts, de lait de vaches inséminées-ponctionnées-eploitées, de beurre, etc...toujours trop. Et tout ça sans augmenter son panier moyen voire en le diminuant même.


Chut les pauvres !

Les brit n’ont jamais produit beaucoup, ni protégé leurs pauvres, c’était marche ou crève dans ce pays où j’ai passé trop de temps par conjoint interposé. Aujourd’hui, le Royaume-Uni, c’est même plus l’Europe. Une base avant d’US (mais aussi de Russie, on regarde pas quand l’argent fleure bon) faite de relents d’ex-commonwealth. Quant aux allemands, en 92 ou 95, ils avaient déjà une préférence nationale sévère et ne roulaient qu’en AUDI, bossaient 40h par semaine quand cette c*** d’Aubry nous collait sa merde de 35 h. Bref, ailleurs, on compensait par le travail l’érosion de l’emploi, mais là bas aussi, on a fait des pauvres à gogos. Nous, on a bossé le moins possible, mais on a aussi créé nos pauvres. Chez nous, on le dit pas. Pauvre ? c’est le voisin, pas moi.


Gentrifiée.
Mal formée.
Arc-boutée.
En survie.

Elle en est où, la France des copains, des voisins, des malins, de nos enfants, de nos parents, de demain ?
Le programme à venir, est-ce encore la même sauce de tonitruantes promesses intenables ?
De violentes répressions de CRS décérébrés qui bastonnent en toute impunité ?


Des mouvements en marche-ou-crève que financent des salopards de banquiers planqués derrière leur SMIC et leur costume 3 pièces que tu vois débouler au resto du coin à midi tout gominés, tout engoncés, tout souriants, tout épris du même égo que Papa, mais prêts à tout pour garder leur pâté et dont on se surprend à sourire de la future descente en caniveau qui les attend quand, dans deux ans, le banquier, ce sera le smartphone ?


De misérables conditions de travail du personnel hospitalier qui malgré cela délivre des soins d’une qualité remarquée, exceptionnelle et hypocritement saluée alors même que pas un petit doigt ne bouge pour lever ne serait ce qu’un quart des fonds dont s’amusent de prétentieux startuppeurs et startuppeuses hébergés dans de fumeuses « stations » parisiennes à la connotation éloquente d’une écurie de course si riche, si opulente, si gargarisante, tellement scintillante et so pretty. "So preppy" comme dirait mon bast*** d’ex mari. Une grosse fumisterie d’air riche et spéculatif ?


De valeureux profs et enseignants du service public considérés comme des bras cassés par des parents persuadés de la précocité de leur môme débile, geek (à cet âge-là, on dit « gamer »), analphabète pourtant et qui finissent eux-aussi par le croire (les profs, qu’ils sont des bras cassés) ?


D’insupportables tribunaux pleins de magistrats blancs bien pensants, conservateurs, égotiques et même simplistes jugeant de leur jargon ésotérique de pauvres noirs, jaunes, rouges ou gris à peine lettrés, méprisés et pourtant si méritants d’avoir réussi ce à quoi nous ne nous résolvons pas encore et ce à quoi pourtant il faudra nous résoudre : émigrer.

Alors on fait comment, là ?


J’attends vos commentaires, mais soyez soft et constructifs svp…

Nathalie Richard

Nathalie RICHARD, ingénieur, 25 ans d’expérience développement commercial B2B (Air Liquide, Altran, Nestlé) et fondatrice de la Méthode OPEN BIZ ®. www.open-biz.fr
06 84 20 21 36 - 
nathalie@open-biz.fr

Les clés du succès
La Méthode OPEN BIZ ® consiste à conquérir de façon automatisée des clients et/ou de candidats en associant les techniques classiques de prospection et/ou de recrutement (phoning, rendez-vous face-à-face, salons, workshops) aux technologies de conquête du web et de conquête de masse (réseaux sociaux, site internet, e-mailing automation : webmarketing, socialselling, growthhacking).